vendredi 25 avril 2014

Serge, homme de lettres

Une troisième histoire en train…

Serge, homme de lettres
Gare St Jean, pendant la 2ème guerre mondiale.

La gare grouille de soldats qui hurlent des ordres à tout bout de champ : le lieu résonne de sons gutturaux. Les brimades et les humiliations vont changer à tout jamais la perception qu’auront les Français de la langue allemande, c’est sûr ! Serge est habitué au bruit permanent de la gare, mais il ne se fera jamais à la présence perpétuelle de la Gestapo, la police secrète des Allemands. Il y travaille depuis neuf ans en tant que bagagiste; c’est lui qui est chargé, en compagnie de six autres collègues, d’aider les voyageurs à monter et descendre leurs bagages. Aussi, il doit charger et décharger les trop rares marchandises et les sacs de courrier. 

En compagnie de Lulu et Coco, il attend que le train en provenance de Libourne s’arrête complètement. Ca y est, les premiers voyageurs descendent, il aide une jolie demoiselle et sa sœur à descendre. La belle ne lui accorde pas un regard : c’est vrai qu’avec son vieux chandail et ses indomptables cheveux roux, il ne ressemble pas à grand-chose notre ami ! Elles sont suivies d’une famille à l’air très pressé. Les deux parents et leur fils ont l’air perdu et affolé, ils descendent en jetant des coups d’œil de tous les côtés, chacun une petite valise à la main. A peine sur le quai, ils sont contrôlés par deux Nazis… effrayée, la famille montre docilement ses papiers pendant que le policier leur aboie ses ordres. Au bout de quelques instants, il les laisse repartir en s’esclaffant bruyamment avec son compatriote.
Serge observe la scène, interdit. En les croisant, il pense avoir repéré des traces de coutures anciennes sur leurs vestes, toutes situées au niveau du cœur. Sûrement des Juifs qui ont cousu, puis enlevé quelques mois après, la fameuse étoile jaune qui indique leur religion. Comme des animaux marqués au fer rouge. Ils ont dû se faire fabriquer des faux papiers, puisque les deux rigolards les ont laissés partir, tant mieux pour eux.

Une fois tout le monde sorti du train, il grimpe avec ses deux collègues dans le wagon où sont entreposés les grands sacs marron, tous pleins de courrier. En quelques minutes, presque tous sont déchargés. Lulu et Coco sont sur le quai et Serge se retrouve tout seul dans le wagon pour aller récupérer le dernier sac. Il l’empoigne pour le hisser sur son dos massif, mais sous le poids des lettres, le sac cède. Serge peste bruyamment, il ne manquait plus que ça ! Il se baisse pour ramasser les lettres et les ranger comme il peut, c’est qu’il y en a des centaines !
Distraitement, il lit les adresses écrites sur les enveloppes…. Bordeaux, Bègles, Mérignac… Étrangement, de nombreuses lettres sont adressées à la Kommandantur, le centre de commandement allemand de la région. Certaines lettres sont envoyées par d’autres administrations allemandes partout en France : on y voit l’adresse écrite à la machine et les tampons officiels du Reich. Mais d’autres sont écrites par des gens ordinaires : à la main, avec le nom de l’expéditeur qui fleure bon le terroir local.
Serge est perplexe… Qui écrit à la Kommandantur, et surtout pourquoi ? Pour en avoir le cœur net, il choisit une enveloppe au hasard et l’ouvre délicatement. C’est une lettre de dénonciation. Une dame y signale la présence d’un couple de retraités juifs cachés au-dessus de chez elle. Elle est indignée et compte « expressément sur une intervention rapide des services de la Gestapo pour régler le problème ». Serge est sous le choc. Si cette lettre parvient à la Kommandantur, cette famille sera délogée et envoyée en Allemagne. Un des nouveaux employés de la gare, récemment muté et qui travaillait avant dans la gare de Metz, lui a parlé de grands camps de rassemblement en Allemagne où les Nazis envoient les Juifs.  Non, pas camps de rassemblement, mais de concentration, voilà ce qu’il avait dit. Il regarde pensivement la lettre.
C’est alors que Lulu monte dans le wagon et l’apostrophe :
- Alors Serge, tu fais la sieste ?
Discrètement, il cache la feuille dans son dos. Il a été rapide, Lulu n’a rien vu.
- Mais non, le sac s’est cassé !
- Ca arrive souvent en ce moment. A cause des restrictions, on ne jette plus rien, on utilise les sacs jusqu’à ce qu’ils ne soient plus que des lambeaux, comme nos vêtements ! Allez, fais vite !
- Oui, oui. On se retrouve sur le quai, j’arrive !
Lulu acquiesce et part. Serge n’a pas voulu lui parler de sa trouvaille. Il a souvent vu Lulu bavarder avec les Allemands dans la gare et il a souvent exprimé sa satisfaction quand ils arrêtaient des Juifs. A ce qu’il raconte, il ferait même partie d’un groupe armé appelé la Milice !

Il doit agir. Vite. Comment ? Il faut déchirer la lettre. Mais que faire des petits bouts de papier ? Alors la brûler. Mais il sera repéré, c’est sûr. Il doit emporter la lettre et la détruire loin de la gare et des soldats. Il la remet dans l’enveloppe, plie et range le tout dans sa poche. Il entreprend alors de ranger les autres lettres échappées du sac. Au fur et à mesure, il  décide de mettre de côté toutes les lettres écrites à la main et destinées à la Kommandantur : il va aussi les détruire.
Le grand sac est enfin rempli. Il manque vingt-deux lettres que Serge tient dans ses mains tremblantes. Alors, il bourre ses poches de pantalon. Glisse deux lettres dans ses vieilles chaussures.  Place cinq lettres sur toute la longueur de sa taille, entre sa peau et son pantalon. Entre son maillot de corps et sa chemise, il en cache encore quelques-unes. Il en reste encore ! Il les met sur sa tête, sous sa casquette noire. Tout est rangé !
Doucement, il récupère le sac et descend. Les poches pleines, les jambes bien écartées et le dos droit, il le dépose sur le quai. A cause des enveloppes, il se sent énorme et ridicule, il va se faire repérer.  Lulu et Coco ont déjà ramené les autres sacs au bureau de dépôt, où il amène à son tour le dernier sac. Vivement qu’il soit sorti de la gare, il brûlera les lettres dès que possible. 

De retour sur le quai, il se retrouve nez-à-nez avec les deux Allemands qui avaient contrôlé la famille. Il bredouille :
- J’ai fini ma journée, euh… je rentre.
- Très bien, faites comme vous voulez.  
- Au revoir.
C’est bon, ils n’ont rien vu ! Il respire, la sortie de la gare n’est qu’à quelques pas…
- HALT !
L’ordre a claqué, derrière lui, comme un coup de fusil. Ils ont dû repérer à sa démarche et son air coupable qu’il avait quelque chose à se reprocher ! Il se retourne :
- Oui ?
Le plus gradé des deux s’approche de lui et sort sa matraque. Serge ne respire plus, les yeux fixés sur ceux du soldat. Son visage découpé à la serpe laisse présager le pire. Avec sa matraque, l’Allemand tâte le ventre de Serge gonflé par les lettres. Dans un excellent Français, il éructe :
- Vous êtes bien gras pour un petit employé de gare en temps de guerre. Vous ne faites pas de marché noir au moins ?
- Non. J’ai toujours été un peu….euh…. enveloppé.
- Enveloppé ?
- Oui, ça veut dire « gros ».
- Je vois…. Attention, je vous ai à l’œil, jeune homme.
- Entendu. Je peux y aller ?
Serge se retourne et quitte la gare. Sur un terrain vague, il brûle les lettres de dénonciation, heureux et soulagé. Enveloppé…pourquoi ce mot lui est-il venu à l’esprit ?


mardi 22 avril 2014

Dix-sept minutes

Voici une autre histoire du recueil Histoires en train. C’est celle qui ouvre la marche aux onze suivantes…Bonne lecture ! 

Dix-sept minutes
4h47.
 Argh ! Francis ne s’est pas réveillé malgré le réveil, encore une fois ! Il a dû se tourner pendant son sommeil, l’éteindre puis se retourner pour se rendormir. Ca l’étonne à chaque fois d’être capable de faire ça. Il en serait presque fier !  Il s’est réveillé brusquement, sûrement alerté par son horloge interne. Le réveil a sonné il y a  dix-sept minutes exactement. Il doit se dépêcher!
En attendant, il va être en retard pour son train. Le tout premier de la journée, le TGV de 5h 32 en direction de Paris. Combien de fois est-il arrivé trop tard pour monter dans ce train ? A chaque fois, il s’est fait remarquer par ses supérieurs !

4h48.
Il se lève en hâte et décide, pour gagner du temps, de se passer de douche. Sa femme lui maugrée un « bonne journée » quasi inaudible puis se rendort. Il se dirige vers la salle de bain à l’aveuglette et tâtonne pour chercher l’interrupteur. Il le trouve et l’actionne, il est alors aveuglé par la lumière des néons. Intérieurement, il peste : pourquoi je n’entends pas ce maudit réveil ? Je devrais le placer loin de moi, ça m’obligerait à me lever pour l’éteindre.

4h52.
Après une très modeste toilette, il passe sa main sur ses joues puis décide qu’il se dispensera également de rasage. Il enfile sa tenue propre et repassée (merci chérie !) puis file à la cuisine.

4h55.
 Il se prépare rapidement un café et avale deux tartines qu’il ne prend même pas la peine de griller ou de beurrer. Il doit aller vite dans ce contre-la-montre !

5h02.
Pour l’instant, malgré le temps gagné grâce à la douche et le rasage, il va manquer son train. S’il arrive avant le départ, ce sera vraiment un miracle ! Il met son manteau puis sort. Le froid de novembre le saisit alors…la voiture va-t-elle démarrer ? Au pas de course, il atteint sa guimbarde. Il s’installe au volant, adresse une prière à la batterie du moteur afin qu’elle ne fasse pas des siennes.

5h04.
Prière exaucée, le moteur ronronne comme un matou.
Sur le trajet qui le mène à la gare, il est quasiment seul et se permet d’appuyer sur le champignon. L’œil rivé alternativement sur le compteur, sa montre et aussi un peu sur la route, il commence à se dire qu’il va peut-être réaliser la performance du siècle en arrivant à temps malgré un retard de dix-sept minutes sur son emploi du temps habituel. S’il n’arrive pas à l’heure, son chef ne va pas se contenter de le réprimander :
« La prochaine fois Francis, ce ne sera pas qu’un simple avertissement, si vous voyez ce que je veux dire… »
Il sait très bien ce que ça veut dire, il risque d’être licencié pour faute!

5h26.
La gare approche, il ne va pas se garer sur le parc de stationnement habituel, trop éloigné et qui l’obligerait à marcher quelques précieuses minutes. Il passe une première fois devant la gare, espérant trouver une place bien située. Peine perdue ; il dépasse la gare, puis exécute un brusque demi-tour… heureusement que la rue est vide !

5h28.
Avisant une voiture qui quitte sa place, Francis accélère pour être sûr de se l’approprier et s’y place habilement. Il va y arriver, il le sent. Il sort de son véhicule et claque violemment la porte, la verrouille, puis se dirige à grandes enjambées vers la gare. La grande horloge de la façade lui indique qu’il ne lui reste que quatre minutes avant le départ !

5h31.
Francis entre dans la gare, ne prend pas la peine de regarder les écrans qui indiquent le quai de son train, c’est le même depuis des années. C’est le numéro 3, il le sait. Il dévale les escaliers placés sous les quais puis aperçoit le train.
Plus qu’une minute, et il doit remonter tout le quai pour atteindre son siège.
Le chef de gare s’apprête à siffler, les portes vont- elles se fermer ? Hors d’haleine, il manque de renverser d’autres retardataires. Juste avant d’atteindre son wagon, il trébuche presque sur une valise qui traîne. Ce n’est qu’un obstacle de plus dans sa course, alors il saute par-dessus, dans un bond maladroit mais terriblement efficace.

Il est pile à l’heure. Il monte dans le train, mais au lieu de s’installer dans le wagon de droite avec les voyageurs, il extirpe de sa poche une petite clé, ouvre la porte de gauche et pénètre dans la cabine de pilotage.

5h 32.
Le TGV partira à l’heure aujourd’hui : son conducteur est enfin arrivé.


lundi 21 avril 2014

Poubelle la vie

Voici une histoire écrite l’an dernier et qui faisait partir du recueil de nouvelles pour jeunes lecteurs Histoires en train... bonne lecture !

Poubelle la vie

Un journal, je suis coincée sous un journal ! Plié dans le sens de la longueur. A cause de ce sale moutard. Depuis que je suis dans ce wagon, il me chasse constamment alors que moi, je veux seulement manger ses restes et pondre mes larves ! Il essaie tout le temps de m’écraser avec son livre ou le plat de se main.
Mais des armes comme ça, laissez-moi rire ! Grâce à la puissance de mes yeux, j’anticipe, je voltige, je feinte et je m’échappe! Par contre, le coup du journal, c’est une première.
Près de son genou, je me baladais à l’intérieur de la poubelle, en train de chercher de quoi grignoter. Il l’a ouverte délicatement, les yeux au ras du couvercle, je suppose qu’il m’avait repérée quand je m’y étais glissée quelques instants avant. Il s’était emparé d’un journal, sûrement emprunté à sa mère, l’avait tordu pour en faire une massue et m’avait attendue.

Dès que j’ai eu assez de place pour m’échapper, j’ai fait tourner mes ailes à plein régime et je suis sortie… mais à peine posée sur la tablette, j’ai senti un courant d’air venir dans ma direction. Mes yeux se sont alors pointés sur le môme, et j’ai constaté avec horreur qu’il était en train de diriger son journal vers moi, avec un air évident de plaisir. Je n’ai pas eu le temps de bouger que le canard s’écrasait sur moi.
Mais je m’en suis sortie, il n’avait pas été assez précis et le coup m’a laissée inconsciente. Je dois mon salut à l’arrogance de mon adversaire qui n’a même pas daigné soulever l’arme du crime pour voir si j’étais bien morte !

Du coup, je prends la mouche et décide de me venger de lui. Je dois agir vite, le coup a laissé des séquelles sûrement irréversibles et je n’en ai donc pas pour longtemps avant de rejoindre le paradis des mouches…à ce qu’on dit, c’est une énorme montagne d’excréments et de déchets qui grouille de vermine, et ça vrombit comme un moteur !
J’arrive péniblement à m’extirper du journal et vole maladroitement vers le gamin, en train de se vanter à son frère de son exploit criminel. Je le survole, silencieuse comme un Sioux, puis le téléphone compliqué de sa mère surgit alors dans mon champ de vision. Sa mère tripote constamment ce petit objet perfectionné : ça doit être important pour elle. Mais là, elle est partie visiter les charmantes toilettes du train et l’a laissé devant elle sur sa table. Une idée germe en moi et commence à s’agiter comme un ver frétillant dans un tas d’immondices.

Je fredonne un instant près de l’oreille du môme, exécute deux piqués et un looping pour le narguer et être sûre de l’énerver, puis viens bruyamment parader sur le téléphone. Comme prévu, cette brute m’a repérée et tente discrètement de rapprocher sa main. Patiente et immobile, les yeux pointés dans sa direction, je guette le moindre mouvement de sa part. Soudain, il tend le bras en arrière.
Je me prépare aussi, prête à décoller. Ca y est, son bras s’abaisse enfin au- dessus de moi, il va me donner le coup de grâce. J’attends le dernier moment, puis mets les gaz à la dernière fraction de seconde.
A peine décollée, j’entends derrière moi un réjouissant vacarme : comme prévu, le téléphone a été complètement fracassé ! Il vient de chuter dans le grand couloir poisseux du train et de voler en éclats ! Le temps que je trouve un endroit pour me poser, la mère accourt déjà en hurlant et se prend la tête à deux mains en découvrant l’œuvre de son fils!

Le gosse pleurniche mais rien ne semble calmer les cris de la mère, qui s’en prend maintenant à lui et lui annonce qu’il va être privé de jeux-vidéos pendant un mois. Mon vocabulaire limité ne me permet pas de savoir ce que sont les jeux-vidéos, mais les larmes qui coulent sur sa mine déconfite et ses bruyants reniflements ne laissent pas de doute. Allez, mouche-toi petit !

Je tiens ma revanche. Alors j’essaie de m’envoler vers un autre wagon, mais mes ailes refusent de rentrer en action…
Je suis très fatiguée, j’ai mal partout…
Mes dernières forces m’abandonnent…
Montagne géante, me voilà…


jeudi 6 février 2014

Intervention scolaire

Bonsoir tout le monde,
comme annoncé, j’ai passé une partie de l’après-midi dans la classe de CE2 de mon ancien enseignant, désormais collègue au sein de cette grande famille (hum hum) de l’Education Nationale.

C’était un agréable moment, avec des enfants vraiment intéressés et curieux, avides de réponses sur le roman Elle est partie en voyage qu’ils ont lu en classe. Certains ont posé des questions très précises, m’interrogeant notamment sur le sens de certaines phrases ou expressions, comme « coup de fil ». 

Et puis la sensation d'être devant des élèves dans une position autre que celle du maître, quel changement! Les élèves ne voyaient que l'auteur qui leur rendait visite, sensation très plaisante pour moi, je dois dire...

C’était une visite vraiment à part, car j’intervenais au sein de la classe de mon super instit de CM1, celui dont on se rappelle toute sa vie, celui qui jouait au foot parfois avec ses élèves mais savait, et sait encore, se faire respecter d’un simple froncement de sourcil !


A bientôt, Emmanuel





samedi 23 novembre 2013

Dédicace!

Dédicace de dernière minute sur le stand de la librairie Jeux de Mots à la Journée du Terroir, à Tabanac. Demain toute la journée, dimanche 24 nov.

http://www.mairie-tabanac.fr/userfiles/terroir%202013.pdf


dimanche 27 octobre 2013

Séréna : relue et peaufinée .

Bonjour tout le monde,
Le titre définitif de l’histoire de sorcières est La fée maléfique. Les premiers manuscrits seront envoyés cette semaine aux maisons d’édition…

Un dernier extrait :


Au fur et à mesure des jours qui passent, mon apparence change. Il ne me reste plus que cinq dents toutes sales. Pleines d’un joli tartre entièrement naturel. Je suis parvenue à glisser une longue mèche blanche dans ma chevelure noir corbeau grâce à une formule de fée et mes sourcils sont velus comme ceux d’un bûcheron du Grand Nord. J’ai les ongles extrêmement longs et sales. Dès que je ne les trouve plus assez crasseux, je vais remuer de la boue dans le jardin de l’Académie… je ne connais pas de formule magique pour tout, je dois encore me débrouiller sans pouvoir !

Mon apparence ne réjouit évidemment pas mes parents mais ils sont contents de me savoir enfin heureuse. Les voisins se pincent le nez sur mon passage quand ils me croisent le matin et le soir… je leur réponds par un grand sourire puant et quasi-édenté qui les fait frissonner à chaque fois.


Un jour, je fais une découverte étonnante : je tombe au hasard des rayonnages sur un livre d’histoire dans lequel une grande partie est consacrée à Mizzi Laudaxus, l’ancienne maîtresse de Natachouette. Je l’emprunte et décide de le dévorer au plus vite en rentrant chez moi.


 A bientôt, Emmanuel

dimanche 29 septembre 2013

Chatonou

Bonjour,

l'album est paru! J'en ai reçu des exemplaires et suis très content du résultat. Beau papier, typo sympa, dessins rigolos... Maintenant, il ne me reste qu'à me battre pour ce bébé afin qu'il atterrisse sur toutes les étagères de France. Au bas mot.

Je suis en train d'organiser des dédicaces, j'alimenterai au fur et à mesure l'onglet Rencontres. Le livre sera rapidement disponible en librairie ou sur Internet, mais les plus pressés peuvent passer par moi!

A bientôt, Emmanuel

mardi 27 août 2013

Séréna n'a pas eu de vacances, elle.

Bonjour tout le monde,
Voici un nouvel extrait de l'histoire de Séréna, dont je pense que je vais changer le titre.
J'en ai presque terminé, mais je sens que la relecture et le peaufinage risquent d'être longs, comme à chaque fois!
A bientôt, Emmanuel


Mais j’y pense, ma verrue ! Je ne m’en suis pas occupée encore ! Je pourrais très bien ne pas me laver pendant quelques temps, histoire d’être sûre qu’un joli bouton purulent daigne bien faire irruption sur mon nez. Mais je sais que c’est peine perdue, ma peau nourrie depuis des années aux fruits et légumes ne se laissera pas envahir comme ça. Et si je m’étalais de l’œuf pourri et du lait caillé sur le visage, ou de la crotte de dragon ? Ce serait trop long.

Ah, si seulement je pouvais mettre la main sur un grimoire de sorcière ! Les rares choses que j’ai apprises et retenues à l’Institut ne me sont vraiment d’aucune utilité. Il faut que je fasse tout sans pouvoir magique, quel ennui. Tant pis !
Tout de même, je décide de ne pas me laver jusqu’à nouvel ordre. Ainsi, mes cheveux vont prendre une drôle de forme et avec un peu de chance, je vais commencer à sentir le vieux bouc.
Une idée de génie maléfique naît dans mon esprit : je m’empare de ma brosse à dents et la frotte longuement contre mes bottes poussiéreuses et crasseuses. Puis j’entreprends de me laver les dents avec. L’effet est assez désagréable mais visuellement, c’est réussi : mes dents parfaites sont recouvertes d’une fine couche noirâtre et malodorante.

Je suis tellement absorbée par ma transformation que j’en viens à oublier Natachouette, endormie sur mon épaule. Elle est si légère que je ne la sens même plus. Sa présence à mes côtés me semble si naturelle que j’ai l’impression de l’avoir toujours eue en ma compagnie. Pendant toute la soirée, mes parents et moi ne nous adressons pas la parole. Ils restent en bas pendant que je me terre dans ma chambre, rêvant d’une nouvelle vie.

Le lendemain, mon arrivée fait sensation à l’Institut. Sur tout le trajet vers l’école, parcouru à pied pour profiter pleinement de ma nouvelle condition, j’ai encore fait des dégâts : j’ai effrayé un couple d’amoureux qui se bécotaient sur un banc et un vieux pépé qui promenait son chien.
A l’Institut, mon absence a été remarquée car j’ai raté la moitié de la journée d’hier en m’enfuyant par la fenêtre des toilettes. Sur le trottoir, tout ce petit monde se recule en tremblant sur mon passage et je fends la foule avec jubilation. Sur mon passage, les réflexions fusent et les nez se pincent :
- Elle est folle, c’est certain !
- En plus, elle a récupéré une chouette, quelle honte !
- Regardez cette harpie, vêtue entièrement de noir. En plus, elle sent la charogne !

lundi 12 août 2013

Chatonou: nouvelles illustrations

Bonsoir,

voici trois nouvelles illustrations tirées de Chatonou...et j'ai rajouté la future 1ère de couverture, ci-contre à droite.

A bientôt, Emmanuel



mardi 30 juillet 2013

Chatonou: premières images

Bonjour,
Voici 3 illustrations qui figureront dans Chatonou. Le livre sera imprimé au début du mois de Septembre et sera disponible à la vente à la fin de même mois.

Cet album est illustré par Céline Cristini : http://www.editionshenry.com/index.php?id_article=199.

J’attendais impatiemment de voir à quoi allait ressembler ce nouveau bébé, et je suis ravi du résultat!

Raconté par un petit garçon, il décrit les aventures d’un chat un peu foufou et très joueur.
Aucune ressemblance avec son auteur, évidemment…

A bientôt, Emmanuel




jeudi 25 juillet 2013

Quelque lignes de Séréna

Bonjour,

l'écriture avance... je vous propose un extrait de La fée contrariée,
Ces lignes sont les toutes premières de l'histoire.

A bientôt!
Emmanuel


Quelle plaie ! Comme tous les matins depuis huit ans maintenant, mon horrible réveil rose bonbon me sort du sommeil pour m’intimer d’aller à l’école. Mais pas n’importe quelle école, attention messieurs-dames ! Une école de fées….beeeeeeeeeeurk ! J’en ai vraiment horreur.
Ma famille est une famille de fées depuis la nuit des temps. J’ai même un illustre grand-père nommé Sacrilus qui figure sur nos pièces de monnaie ! En tant que fille, on attend de moi que je sois un exemple de douceur et de gentillesse… et c’est très dur, croyez-moi !  Mes parents savent que je ne suis pas l’ange qu’ils attendaient et s’appliquent à faire de moi, Séréna Blackwood, une fée irréprochable. Ainsi, dès mes sept ans, j’ai été envoyée à la plus prestigieuse école du pays, l’Institut Clochette. Là se pressent chaque jour des centaines d’apprenties-fées toutes ravies de leur sort. J’ai l’impression d’être parfois la seule à y aller en traînant des pieds !
Nous avons là-bas toutes sortes de cours destinés à faire de nous des fées somptueuses et parfaites. Des cours de magie ou de potion évidemment, mais essentiellement des cours ennuyeux tels que :
- Diction, 3 heures par semaine : une fée doit parler en articulant et d’une voix pure comme la lumière des étoiles.
- Chant, 5 heures par semaine : une fée doit savoir chanter d’une voix délicate, telle la rosée du matin.
- Vocabulaire, 4 heures par semaine : une fée doit s’exprimer dans un langage châtié, poétique et précis.
- Mode, 6 heures par semaine : une fée doit être vêtue impeccablement, uniquement de bleu ou de blanc. Les modèles doivent être régulièrement renouvelés pour être à la pointe de l’élégance.
- Couture, 2 heures par semaine : une fée doit pouvoir raccommoder et rapiécer ses chapeaux, capes et sandales.

Tous ces cours me rendent malade, mais malade à vomir tripes et boyaux ! 

vendredi 12 juillet 2013

La fée contrariée

Bonjour,

après une semaine loin de l'école et de ses charmants êtres de petite taille appelés enfants, je me replonge dans l'écriture.
Cette histoire s'appelle La fée contrariée . La fée est une adolescente appelée Séréna Blackwood. Elevée pour devenir une fée parfaite et donc ennuyeuse, elle ne rêve que d'une chose: être une sorcière et vivre sa propre vie. Ainsi, elle s'amuse à faire régner le mal et la terreur!
Un extrait bientôt...

A bientôt, Emmanuel


dimanche 23 juin 2013

Mike: it's alive!

Bonsoir,

l’été est enfin là, et j’ai l’immense plaisir de vous annoncer que Mike, ours blanc est enfin bouclé… relue, peaufinée, rallongée, la version 2.0 me satisfait enfin. Je propose le texte dès cette semaine à quelques éditeurs ciblés en croisant les doigts.

Et puis, la grande nouvelle, c’est que j’ai réussi à écrire une histoire SANS enfant et SANS école, enfin ! Aussi, les personnages principaux ne sont que des ours, même si des hommes rôdent…

Je me replonge donc maintenant dans mon histoire de sorcières, que je prévois plus légère et humoristique que Mike.

A bientôt, Emmanuel

lundi 20 mai 2013

Mike et les sorcières


Bonjour tout le monde,

Je vous sens frémissants à l’idée d’avoir des nouvelles de ce bon vieux Mike, alors je me suis dit que j’allais vous en donner .
Eh bien, il n’avance pas aussi bien que prévu ! Je suis sur l’écriture de cette histoire depuis près de 2 mois ½ et ne suis toujours pas satisfait du résultat. Je pense avoir passé énormément plus de temps à corriger et à modifier des pans entiers du récit qu’à faire réellement avancer la narration. Ce roman est mon sixième et c’est celui que j’ai le plus de mal à boucler !
Alors en attendant, j’ai décidé de le laisser un peu de côté et de m’atteler à un nouveau projet.

Le titre est inconnu, alors pour l’instant le document Word s’appelle « Truc des sorcières ». Je vais tenter d’écrire une histoire amusante qui devra faire rire. J’aimerais que ce soit différent des autres textes beaucoup plus sérieux que j’ai écrits jusqu’à maintenant et qui abordent des thèmes comme le cancer, le handicap ou le racisme. Ceux qui me connaissent savent que je suis un joyeux drille (sacrée expression surannée ça !), alors je vais essayer d’écrire à mon image !

Petit point sur deux rendez-vous à venir, pour dédicacer le recueil de nouvelles de la Lune Vague :

Samedi prochain 25 mai à la Librairie Jeux de mots à Cadillac,
Samedi 8 juin à la Librairie Georges de Talence, pour les amis de la CUB !

A bientôt, Emmanuel



mercredi 10 avril 2013

Mike, un petit extrait?

Bonsoir tout le monde,

Voici un extrait de Mike, ours blanc, le roman Jeunesse que je suis en train de fignoler. J'ai encore quelques ajustements à faire et des choses à peaufiner, notamment la fin de l'histoire.
Cette histoire sera bien plus courte que les dernières, nous verrons si elle trouve preneur chez une maison d'éditions!

Pour situer le contexte de l'extrait, Mike se retrouve au pays des ours bruns et leur accueil n'est pas des plus cordiaux.

A bientôt, Emmanuel





Bien décidé à leur prouver qui je suis, nous partons tous les quatre à travers la forêt. Je m’entrave à chaque racine, abîme mes pieds sur les aiguilles tombées des sapins et sursaute à chaque craquement dans les arbres, ce qui fait bien rire mes trois gardes du corps. C’est que, sur ma banquise, les bruits sont rares ! Ils marchent autour de moi de façon à ce que je n’ai aucune envie de tenter de m’échapper. Au bout d’une longue marche sous bonne garde, nous arrivons enfin dans une clairière. Nous sommes rapidement entourés d’autres ours bruns qui viennent me renifler comme une bête curieuse. Mon odeur ne semble pas leur plaire :
- Pouah, mais quelle odeur immonde! Il pue, le faux ours !
Enfin, nous parvenons devant la tanière de leur chef. Il en sort, hirsute et grognon. Bien plus grand que les autres, il me prend de haut après m’avoir détaillé de la tête aux pattes :
- Je suis Bera, chef de la tribu. Pourquoi es-tu venu sur notre territoire, étranger ? Sûrement pour nous voler notre nourriture ?
- Pas du tout, j’ai dérivé jusqu’ici sur une plaque de glace.
- Une plaque de glace ? Impossible, la région des glaces est trop éloignée d’ici. Tu mens, espion ! Et puis quelle plaque de glace aurait pu te porter, vu ton poids et ta taille ?
Son attitude me laisse penser qu’il n’a pas du tout peur de moi, contrairement aux autres. En tant que chef, il a la responsabilité de rassurer les siens, ce qu’il fait pour l’instant à merveille.
Il annonce :
- Faites venir Zhork, le vieux sage. Lui saura nous dire si cet animal est un ours !
Quelques instants après, la foule s’écarte respectueusement pour laisser passer un vieil ours au pelage clairsemé et à la démarche fatiguée. Bera lui explique ce qu’il attend de lui. Avec respect et douceur, Zhork s’approche de moi et me flaire longuement en fermant les yeux. Il examine mes pattes, mes oreilles et mon épaisse fourrure. 
D’une voix rauque et étonnamment énergique, il fait :
- Cet animal est bien un ours ! Il s’agit d’un ours blanc. Il vit dans une région bien au-delà de notre territoire, au milieu du Grand Océan de Glace. 


samedi 16 mars 2013

Mike

Bonsoir tout le monde,

J'ai trouvé un titre à mon histoire d'ours: Mike, ours blanc. C'est un roman court et raconté à la première personne par Mike, un ours de six ans. Ce n'est pas sur un super-héros mais un ours ordinaire et solitaire, très attaché à son petit confort et qui va être confronté à de drôles d'épreuves.

C'est la première fois que j'écris une histoire d'animaux, et ça fait du bien de changer d'univers. J'ai choisi cet animal avant de choisir le thème de l'histoire, car j'ai toujours trouvé que les ours étaient des animaux passionnants.
Aussi, il n'y a pas d'enfant dans l'histoire, grande nouveauté!

Je pense mettre un petit extrait bientôt...

Emmanuel


dimanche 10 mars 2013

Enquête sur le Lorient-Express, partie 2.

Il interroge alors le premier enfant, Pierre. Il semble très nerveux et n’arrive pas à regarder le détective dans les yeux, comme s’il avait quelque chose à se reprocher.

- Qu’es-tu allé faire dans le train ?
Le garçon murmure ces deux phrases en regardant le bout de ses chaussures :

- Je suis allé récupérer mon bonnet à ma place, ça n’a duré que quelques secondes car mon siège est près de la porte et très éloigné de celui de Sonia. D’ailleurs, mon bonnet est sur ma tête en ce moment.
- Très bien, merci jeune homme.

Il se tourne maintenant vers une petite fille à l’air très assuré, Caroline.  Elle regarde le petit homme droit dans les yeux.
- A toi, pourquoi es-tu montée ?
- Moi ? C’est très simple. Je suis allée brancher mon lecteur MP 3 sur la prise électrique située près de mon siège, au bout du wagon.

- C’est tout ?
- Oui, j’ai vérifié qu’il se rechargeait bien, puis je suis redescendue immédiatement. Il est encore là-haut en train de finir de charger. D’ailleurs, puis-je aller le récupérer, monsieur l’agent ?

- Pas encore. Et je ne suis pas policier, mais détective. Tu peux m’appeler monsieur Poireau si tu veux.
- Très bien, minaude-t-elle. Monsieur POIREAU, c’est bizarre comme nom !

Elle pouffe de rire, très contente d’elle. Le détective se tourne alors vers le dernier suspect, Edouard. Le petit garçon porte des vêtements très usés et trop petits pour lui. Il a les cheveux hirsutes et mal coupés, sa famille ne doit pas rouler sur l’or. Il ne possède sûrement pas d’appareil perfectionné comme l’engin en question, pense Poireau.
- Et toi mon garçon ?

- Je suis allé chercher ce livre.

Il montre rapidement l’ouvrage à l’inspecteur : un roman policier.

- Un livre ? Pour lire debout, le long d’un train, en pleine campagne ?

- Oui, j’adore la lecture.
- Je vois. J’en ai fini avec vous, je vous remercie, allez retrouver votre enseignante.

Hercule Poireau s’éloigne un peu et se résume les trois témoignages qu’il vient de recueillir. Qui est le coupable : le petit garçon nerveux et incapable de le regarder en face, la fillette insolente ou l’enfant qui affirme vouloir lire debout dans la neige pendant que les autres jouent ?

Le petit homme triture sa moustache, signe d’intense réflexion chez lui. Soudain, un immense sourire éclaire son visage. Il a trouvé ! Il fait venir Sonia, les suspects et la maîtresse.

- Enquête résolue ! Je sais qui a pris la console, c’est le seul suspect qui a menti…C’est … Caroline !

Tout le monde se tourne vers elle. Se sentant acculée, elle éclate en sanglots et extirpe la SPS de sa poche de manteau et la rend à sa propriétaire en prenant soin de ne pas croiser son regard. La maîtresse, incrédule, congédie les trois enfants en promettant une grosse punition à la voleuse. Elle demande :
- Comment saviez-vous qu’elle avait menti ?

- C’est bien simple, Madame. Elle affirmait avoir branché son lecteur MP 3 à une prise pour le recharger. Cela est impossible, pour la simple et bonne raison que l’électricité a été coupée dans le wagon dès notre arrêt !

- Ah oui, c’est vrai ! Euh… Merci !
- De rien Madame, ce fut un réel plaisir.

C’est un Poireau content de lui qui se retourne pour arpenter le bord de la voie ferrée, à la recherche d’un autre mystère. Toutefois, une chose le chagrine dans cette enquête car il sait qu’il n’a pas saisi tous ses éléments. Pensivement, triturant à nouveau sa moustache, il marmonne :
- Console portable SPS… ou PSS… lecteur MP 3… mais que sont ces étranges objets ?
 
FIN

vendredi 8 mars 2013

Enquête sur le Lorient-Express, partie 1.

Voici une histoire qui devait figurer dans le recueil de nouvelles. Je n'ai pas réussi à transfomer celle-ci pour un public adulte, alors je vous livre la version Jeunesse.



Enquête sur le Lorient-Express
 
- Mesdames, messieurs, en raison de la neige amassée sur la voie, le train est dans l’incapacité de continuer son chemin. Nous allons donc rester à l’arrêt pour une période encore indéterminée. Veuillez-nous excuser pour ce désagrément indépendant de notre volonté. Nous laisserons les lumières allumées mais allons immédiatement couper l’électricité pour économiser le peu d’énergie qui reste au train.

Le message grésillant est accueilli avec colère par certains passagers :

- Quelle honte ! Pour une fois qu’ils ne sont pas en grève !  Et voilà, encore une fois la Compagnie Ferroviaire n’a pas anticipé ! C’est bien la France ça, quelques flocons et le pays est paralysé !

Sauf que ce ne sont pas quelques flocons qui empêchent la circulation des trains, mais un épais tapis neigeux qui prendra sûrement des heures à être déblayé ! Il est rare qu’il neige en Bretagne, et les communes environnantes ne possèdent évidemment pas le matériel nécessaire à une solution rapide. Ainsi, le train qui assure la liaison Lorient-Nantes est bloqué en plein pays breton !

Dans un wagon, un groupe d’enfants semble être gagné par l’agitation liée à l’arrêt subit du Lorient-Express. Les questions fusent et la pauvre maîtresse semble affolée. Elle essaie de répondre à tout le monde, mais en vain.

-Vivement que je me retrouve dans mon lit ce soir, se dit-elle, et que ce maudit voyage scolaire soit terminé !

Amusé, un petit homme à lunettes observe la scène. En fait, ce ne sont pas des lunettes mais des lorgnons, des lunettes sans montures posées sur l’arête de son nez et qui semble tenir par miracle. Cet homme semble sorti d’une autre époque : il porte un petit chapeau et d’impeccables moustaches. Sa tête en forme d’œuf respire la ruse et la réflexion. Il répond à l’étrange nom d’Hercule Poireau et exerce le métier de détective. Il est actuellement en vacances et parcourt la France à la recherche d’énigmes tordues à résoudre.

 Le contrôleur fait irruption dans la voiture et annonce :

- Si vous voulez, vous pouvez aller vous dégourdir les jambes dehors. Mais ne vous éloignez pas trop quand même.

Sous l’effet de cette annonce, c’est le branle-bas de combat. Tout le monde s’habille et s’agglutine vers la sortie. Une fois dehors, les voyageurs effectuent quelques pas. Le groupe d’enfants joue dans la neige sous l’œil désabusé de leur vieille institutrice. Hercule Poireau est descendu lui aussi, il s’aère l’esprit en observant la campagne environnante. Les champs sont immaculés, le bétail a été rentré et les animaux sauvages sont restés au chaud. Ce calme n’est troublé que par le tintement, au loin, d’une cloche qui sonne midi.

Le détective est sorti de sa torpeur par des pleurs émanant d’une petite fille aux tresses blondes et dont le visage est parsemé de taches de rousseur. Celle-ci se plaint de la disparition de sa console portable. Péniblement, elle articule :

- Maîtresse, en allant la chercher à ma place, je n’ai pas trouvé ma SPS. J’ai cherché partout, même sur les sièges près du mien. Mes parents vont me tuer si je ne la ramène pas.

La maîtresse fait venir les trois enfants qu’elle a autorisés à monter avant Sonia. Elle les interroge mais tous trois nient s’être emparés de la console. Intrigué par l’affaire, Hercule Poireau a tendu l’oreille et s’est tenu au courant de l’histoire. Voyant la maîtresse complètement impuissante et peu pressée d’élucider cette affaire, il se permet d’intervenir.

- Excusez-moi. Je me présente : Hercule Poireau, détective international actuellement en vacances. J’ai cru comprendre qu’un objet a été dérobé, n’est-ce pas ?

- Oui, intervient la fillette. Ma console portable, la toute dernière, la SPS avec écran digital et qui fait appareil-photo.

- Pourriez-vous m’aider à élucider cette histoire de vol, détective ? Je dois surveiller les autres enfants. Je vous confie ceux-ci ?

- Avec plaisir, Madame, avec plaisir.


à suivre...

mercredi 6 mars 2013

Des vacances studieuses!

En cette période de vacances scolaires, j’ai remis le bleu de chauffe, posé l’ordi sur les genoux et je passe à nouveau mon temps sur le canapé suédois à écrire. Je suis en ce moment sur deux choses complètement différentes :
J’ai déjà parlé ici du recueil de nouvelles pour enfants appelé Histoires en train. Ayant fait lire les histoires à plusieurs personnes qui ont spontanément pensé que le public visé était les adultes,  j’ai décidé d’  « adultiser » les textes et de les proposer en tant que nouvelles classiques, tout en changeant le titre du recueil. J’ai pour l’instant écrit uniquement pour la Jeunesse, j’espère être content du résultat…

En parallèle, j’ai juste rédigé les bribes d’une histoire pour enfants dont le titre reste à trouver et dont je n’ai en tête que le point de départ. Voici en indices les couvertures de deux livres achetés à l’occasion de cette création.
 Oui, c’est un teaser !



A bientôt, Emmanuel
 

 

mercredi 27 février 2013

Cultura Mérignac

Merci à mes acolytes Angélique Pelletier et Valérie de la Torre pour la belle dédicace du jour.
Merci aussi aus sourires et aux petites attentions du personnel du Cultura Mérignac, nous reviendrons!